• MANGE LA CHAIR MAIS LES OS RESTERONT •

C’est la réponse jetée par un esclave à la figure de son maître qui le faisait fouetter après une tentative de fuite. Formule christique proche du « Prenez, mangez, ceci est mon corps…» Dans le même temps, m’est revenue à l’esprit la femme de ce conte : la huesera qui au fil de ses errances, ramasse et conserve les os, puis à partir d’eux, recompose un squelette et lui insuffle la vie par le chant. Les os, symboles de force indestructible. À l’origine des pièces qui suivent, il y a le télescopage de ces deux histoires… Il y a toujours des histoires. Subordonnées à des vérités poreuses, ponctuées d’imaginaire. Vertèbre après vertèbres, os après os… Reconstruire, réincarner.

Les dorsales sont une interprétation de cet axe mouvant qui nous traverse. Autour duquel la chair s’enroule, s’écroule parfois. Résilience afro-païenne, j’ai imaginé. Tout autant d’invitation à pétrir la chair de l’âme afin qu’elle épouse les os.

Dans l’ordre : Dorsale majeure °Photo : Sylvia Eustache Rools / Généalogie capillaire °Photo : Laure Mélone / Dorsale mineure : °Photo : Laure Mélone / Dorsale I °Photo : Laure Mélone / Détail Généalogie capillaire °Photo : Laure Mélone / Détail Dorsale mineure °Photo : Laure Mélone.