Géologie Textile et Archives de Reliefs.
J’aborde le textile de façon picturale en procédant par allers-retours entre oxydation, fermentations tinctoriales, teintures végétales et interventions encrées. Terres et pigments se déposent également sur mes supports. La peinture s’y invite librement.
Pervertir la technique, prendre des chemins de traverse, mise sur pause des savoirs homologués. Laisser place à des intuitions, des affinités avec le terrain-terreau environnant. Terres oxydées, charbon du carbonifère… Revenir aux matériaux des Beaux-Arts : encres de Chine, acrylique, pigments…
Très rapidement, consciente de sortir du domaine de la teinture, j’ai ressenti le besoin de qualifier ce travail autrement. C’est ainsi qu’est née la Géologie Textile.
Géologie car il s’agit d’une pratique jouant sur des temporalités longues et des évènements brusques. Comme marcher sur un chemin de crête : trouver l’équilibre entre l’intention et le non-faire. Faire de la pratique le point de jonction entre connu et inconnu.
Ces processus étalés dans le temps, en couches successives, telles des strates géologiques, infiltrent, infusent, pénètrent le support rendant visibles les phénomènes d’imprégnation, de capillarité et de sédimentation.
Ici, les couleurs co-existent pour créer des zone de rencontres. Aux départs, nommées frontières avant de réaliser qu’il ne s’agissait pas de circonscrire mais de relier, créer des respirations, des circulations entre les éléments d’un tout.
Émerge ainsi une pratique sur soie/soi dont le fil directeur se révèle être une approche sensible des mémoires intimes et terrestres.
Installée depuis peu dans l’Hérault, mon nouvel atelier se situe au village des Arts et Métiers d’Octon, non loin du lac du Salagou. Le passé textile de la ville de Lodève et le rayonnement géologique de la région ont fortement contribué au choix de cette destination.














